The Inner Game of Tennis

De LeFrenchMelee
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The Inner Game of Tennis est, comme son nom l'indique, un livre sur la réussite au tennis. Mais comme il se concentre sur la mentalité à adopter pour l'apprentissage et la compétition, il se traduit très bien en termes de Smash. En voilà donc un résumé tiré d'un post Reddit en anglais[1] et traduit par BSeeD et Exile.

Ce qu'il faut retenir du livre[modifier | modifier le wikicode]

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Avec toutes les discussions récentes sur l’aspect mental du jeu, et après avoir lu The Inner Game of Tennis (NdT : Tennis et Concentration en français), j’ai décidé d’écrire un petit (pas vraiment petit) quelque chose pour mettre en relation les propos de ce livre et la mentalité à adopter à Smash. PPMD s’est posé en défenseur de ce livre depuis années et pourtant, il me semble qu’aucun smasher ou gamer n’a jamais pris le temps de mettre en relation les deux. J’ai écris ceci sans le faire relire donc si vous avez des commentaires positifs/négatifs ou des questions, n’hésitez pas !

The Inner game of Smash” est très librement inspiré du livre “The Inner Game Of Tennis” de Timothy Gallwey. Son livre parle de comment surpasser vos pertes de concentration lorsque vous êtes sous pression, pertes de concentration qui peuvent parfois vous empêcher d’atteindre vos objectifs. En dépit du fait que le livre est orienté pour le sport, le tennis pour être plus précis, chaque constat exprimé par Gallwey peut directement s’appliquer à plusieurs aspects de la vie de tous les jours, que ce soit un examen, un concert, ou un jeu compétitif, et dans notre cas : Smash Bros Melee en compétition; l’aspect mental de Smash Bros Melee en compétition, pour être plus précis ;)

Le tl;dr de tout ça : Apprenez à vous faire confiance.

Jeu extérieur et intérieur[modifier | modifier le wikicode]

Quand vous êtes en train de jouer à smash, en réalité vous jouez à deux jeux en même temps : Le premier c’est le jeu “extérieur”; c’est faire attention au score, aux stocks, à l’adversaire à côté de vous. Le deuxième jeu, c’est le jeu “intérieur”, qu’on appelle aussi jeu mental; c’est ce qu’il se passe dans votre tête pendant que vous jouez. Cela peut aller de lutter contre la nervosité ou essayer de garder sa concentration jusqu’à douter de soi ou même penser que l’on a déjà perdu. Il est important de se concentrer sur le jeu mental parce que ce sera le moteur de vos réussites. Gagner le jeu mental signifie surpasser les limitations que vous vous imposez habituellement et enfin jouer à votre plein potentiel.

Quand vous jouez le jeu mental, vous entamez une conversation entre vos deux “moi”, Moi 1 et Moi 2. Moi 1 - le parleur - c’est la partie consciente de votre esprit, celle qui donne une voix à vos pensées et fait beaucoup de bruit. C’est le coach, le moteur créé par votre ego pour vous dire quoi faire. Moi 2 - le faiseur - de l’autre côté, correspond à vôtre partie inconsciente. Moi 2 est très intelligent puisque c’est lui qui fait tout ces calculs complexes dans votre tête, c’est lui qui digère votre nourriture ou fais battre votre cœur, sans même que vous ayez un effort conscient à fournir. A cause de sa nature discrète, une majorité de personnes prennent Moi 2 pour acquis ou l’ignorent quand en réalité il s’agit d’une sorte de super ordinateur complètement sous-exploité.

Il a dans ses manches de quoi stocker absolument tout ce que vous avez apprendrez, vivrez ou expérimenterez durant vos longues sessions de théorie ou d'entraînement. Il est essentiel de faire confiance à cette partie de votre Moi pour pouvoir gagner le jeu mental.

Quelle place pour l'instinct ?[modifier | modifier le wikicode]

Maintenant, vous devez sûrement vous demander “OK mais, comment dois-je faire pour avoir encore plus confiance en moi même ?” La solution c’est de calmer son esprit. Si vous passez votre temps à vous demander ce que vous voulez faire, et comment vous aller procéder pour le faire, ça créera beaucoup d’interférences dans votre tête.

Est ce qu’il vous est déjà arrivé en jouant de vous dire quelque chose comme “J’ai besoin de réussir mon Perfect ledgedash, donc je vais devoir sauter à telle frame, déplacer mon stick gris de tel degré et airdodge à telle frame” ? Moi 1 crée énormément d’interférences dans votre esprit en complexifiant les problèmes (dans ce cas là, il y a de fortes chances que tout simplement rouler ait été une bonne solution), et cela a pour effet de donner à Moi 2 - ce super ordinateur personnel qui vous appartient - des difficultés à travailler comme il faut.

De manière générale, laisser sa partie consciente gérer sa partie inconsciente donne de mauvais résultats. Vous ne pouvez juste pas forcer votre cerveau ou votre corps à faire certaines choses de façon consciente. Moi 1 ne PEUT pas se souvenir des milliers de choses nécessaires dans une partie de smash. Si vous ne me croyez pas, essayez par vous même; essayez de lister, allez, 50 points importants à connaître pour gérer votre matchup favori. C’est globalement très dur à faire, et assurément chronophage. Et du temps, vous n’en aurez pas en jouant à un jeu comme Melee ou chaque frame compte.

Un des seuls moments ou vous pouvez laisser Moi 1 agir à smash est quand vous réapparaissez sur la plate forme après avoir perdu une vie. A ce moment vous pouvez vous permettre de laisser le coach - Moi 1 - entrer en jeu, mais seulement pour un court moment. Il est toujours utile à ce moment là de prendre le temps de se souvenir des points importants du matchup et des conditions de victoire établies pré match par exemple, où de se rappeler les mauvaises habitudes de votre adversaire. C’est aussi le meilleur moment pour vous remettre en tête de VOUS faire confiance, en prenant une grosse inspiration ou une gorgée d’eau. Il s’agit d’une façon symbolique de “nettoyer” son esprit, et il est important de le considérer comme tel. Comme à Counter Strike par exemple, votre vie précédente n’a AUCUNE influence sur votre vie actuelle donc agissez comme tel. Le même raisonnement s’applique d’un match à un autre. Après ces quelques secondes d’inter match et à partir du moment ou la partie reprends, Moi 1 devient juste trop lent pour vous donner toutes les informations nécessaires. Plus vous laisserez Moi 1 vous donner les instructions, moins bien vous jouerez. Moi 1 embrouille Moi 2 ce qui amène à douter, et à perdre confiance. Sans le charabia de Moi 1, Moi 2 devient brillant. Gallwey explique plus ou moins que “Vous réalisez votre plein potentiel et révélez vos capacités à partir du moment ou vous “découvrez” votre tir au lieu de le “construire””.

C’est ce que Gallwey appelle la Concentration Naturelle (une notion clé). Un Moi 1 laissé en liberté peut mener à sur-réfléchir, à essayer trop dur, ce qui engendre immanquablement du stress et de la tension (même physique), et peut être extrêmement préjudiciable lorsque vous voulez exécuter une technique complexe. C’est aussi la raison pour laquelle vous arrivez à faire des perfect ledgedash avec Fox sans avoir à penser aux étapes ou à la frame data nécessaires.

Observer son propre jeu[modifier | modifier le wikicode]

Une bonne solution pour éloigner Moi 1 et calmer son esprit est de commencer à arrêter de juger chaque situation passée comme “bonne” ou “mauvaise”. Le passé ne peut JAMAIS être modifié, mais on a naturellement tendance à y attacher des émotions. Comme par exemple quand vous manquez un jump cancel upsmash et que vous vous dites “OMG”, “fml”, “jsuis bidon” “rageragerage”, “wobbling OP”... indirectement, en faisant cela, vous vous condamnez. Vous rentrez dans ce cercle vicieux où vous vous critiquez et peut être même arrêtez de croire en vous même, et finissez par tout rater. Un peu comme dans un MOBA, quand un farmer rate 1 last hit et qu’au final il rate toute la vague à cause de ça. Ça arrive aussi dans Melee, dans les moments dernier stock vs dernier stock “mom’s spaghetti” où les deux joueurs ratent input après input et prennent des décisions de plus en plus douteuses au fur et à mesure que le temps passe. Personne ne joue parfaitement, mais vous n’avez pas à laisser ce fait vous empêcher de jouer à votre plein potentiel jusqu’à la fin du match. Quand vous êtes aux prises avec vos émotions, Moi 2 devient beaucoup moins attentif et affecte négativement votre jeu parce que votre Moi 1 est trop occupé à critiquer le Moi 2 du passé. Observez chaque situation avec un point de vue neutre. Dites vous “ok” et passez à autre chose. Si une mauvaise situation vient de se passer, comme un edgeguard raté, imaginez la situation désirée à la place, dites vous “ok” et passez à autre chose. Laissez cette situation se résoudre naturellement, ne la forcez pas.

En imaginant la situation parfaite, vous vous limitez cependant à ce que vous connaissez : c'est pour ça qu'il faut regarder des VOD de bon niveau. Pour bien s'entraîner, la connaissance visuelle d'une situation qui vient avec l'observation est bien plus efficace que la lecture d'instructions écrites : quand on a peu de temps pour prendre des décisions risquées, le Moi 2 ne va pas réciter des textes, il va réfléchir en termes d'images et de situations.

Tournoi et entraînement[modifier | modifier le wikicode]

Quand on joue, on a deux attitudes : l'attitude d'entraînement et l'attitude de tournoi.

L'attitude d'entraînement est celle qu'il faut adopter pendant une session de tech skill, l'analyse d'une VOD et le freeplay. Comme je l'ai dit plus haut, le Moi 1 est un coach, et l'entraînement a besoin d'un coach. Dans cet état d'esprit, le Moi 1 a le temps d'analyser profondément les situations et d'observer des détails pour le Moi 2. Le problème, c'est que beaucoup de gens restent bloqués dans cette approche pendant les matchs à enjeu (tournoi ou money match). Ils sont dépassés par la pression, parce qu'ils laissent Moi 1 prendre les rênes, et réfléchissent donc trop lentement.

Avec une approche de tournoi, les compétences acquises s'expriment de façon instinctive, via le Moi 2. Ce n'est pas de l'autopilote ; l'autopilote, c'est quand vous jouez et que le Moi 1 vous parle de ce que vous avez pris au petit dej et de ce que vous allez manger à midi. Ça empêche le Moi 2 de réussir et ça vous déconcentre aussi de l'observation des habitudes et de l'exécution de votre plan de jeu.

Gallway définit la concentration comme le fait de "garder son esprit ici et maintenant". Le plus simple, c'est de distraire le Moi 1 pendant que le Moi 2 fait tout le travail. Remarquez tous les détails du jeu et concentrez votre énergie sur votre set. Le temps que vous passez à observer les détails, c'est du temps pendant lequel votre Moi 1 ne pense pas à complètement autre chose. Vous pouvez utiliser le Moi 1 pour qu'il note les options et habitudes de votre adversaire, et ça sera constructif. Le Moi 2 s'occupe du jeu, le Moi 1 apprend sur le gameplay de l'adversaire. Une autre méthode simple pour occuper le Moi 1 est d'écouter de la musique : tout bon joueur qui joue avec des écouteurs fait taire son Moi 1. Le meilleur exemple, c'est quand Hungrybox est en train de perdre et qu'il met de la musique contre PPMD à The Big House 3, se met à super bien jouer, et gagne son set. On se moque de lui, mais sans musique, je pense que Hungrybox aurait tilt et perdu le tournoi.

Votre corps est plus intelligent que ce que vous pensez. Acceptez les défis et montrez vos talents. Ne laissez pas le Moi 1 vous faire stresser : si vous avez une mauvaise habitude, au lieu de la combattre, créez-en une bonne par-dessus. Gagner le jeu psychologique, c'est dépasser sa nervosité, ses moments de perte de concentration, sa remise en question de ses propres compétences, et la critique de soi-même. Gagner le jeu intérieur, quelle que soit l'issue du set, c'est la vraie victoire.

Quelques notes de Mang0[modifier | modifier le wikicode]

Dans un épisode de The Scar and Toph Show[2], Mang0 dit à Scar les points suivants, qui sont très proches de ce qui est dit dans The Inner Game of Tennis :

  • Melee, c'est à 90% le mental
  • Perdre, c'est bien : ça permet d'apprendre
  • Les friendlies et le tournoi, ce n'est pas la même mentalité. En friendlies, on veut s'améliorer. En tournoi, on doit tout donner ; et on doit se convaincre qu'on peut battre l'adversaire ! Si on pense qu'on ne peut pas, on se handicape soi-même
  • Quand on se loupe, qu'on meurt, on secoue la tête et on passe à autre chose. On peut noter l'erreur, mais pas s'attarder dessus. Quand on SD, il faut faire comme si ce n'était pas arrivé.
  • On sait qu'on est dans l'ambiance tournoi quand on n'entend pas les gens parler autour de nous. Mang0 pense à de l'eau, Scar au soleil, Toph à une chaîne de montagnes.
  • On joue au mieux quand on ne pense à rien ; moins on pense, mieux on joue. Il y a une grosse différence entre "jouer sans réfléchir" et jouer sans penser !
  • Melee, c'est un voyage à entreprendre en solo
  • Quand on s'énerve, on perd le jeu psychologique. Le wobbling est l'expression la plus pure du jeu psychologique.
  • Si vous faites la même chose 3 fois de suite (par exemple tech sur place), c'est stupide
  • Il faut toujours remarquer quand l'adversaire fait la même chose deux fois de suite
  • On peut penser qu'on a réglé son problème de mental, mais on ne s'en débarrasse jamais définitivement ; les problèmes de mentalité restent toujours quelque part en nous.
  • Melee a de nombreuses philosophies, et elles peuvent toutes marcher - là, c'est juste l'avis de Mang0 !

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Lire l'article original : https://www.reddit.com/r/SSBM/comments/48q7o1/essaylike_the_inner_game_of_smash/
  2. The Scar and Toph Show season 2 episode 4, ft. Mang0 et Hax : https://www.youtube.com/watch?v=WLyFaxqJCLA